Créer même quand je doute

vintage orange typewriter on wooden desk

Dès l’écriture de la première ligne de ce billet revisité à ma manière, je me heurte à une difficulté. Ou plutôt à une interrogation (le doute a apparemment toute sa place dans le titre). 

« Comment me laisser tranquille quand j’écris ? » 

Tellement de pensées parasites, la peur de ne donner aucune satisfaction aux lecteurs et aux lectrices, la peur que mes proches découvrent une nouvelle personne et ne m’aiment plus comme avant et la peur de me décevoir, de ne pas réussir à libérer le style d’écriture qui me semble adéquat.

Et pourtant, tranquille je le suis, seule au beau milieu de ma campagne, parce que oui, elle m’est devenue si familière que j’ai l’intime impression de la posséder.

Une joie introspective, malgré tout

Au-delà de ces questions qui gravitent autour de mon cerveau, aujourd’hui maître du destin de mes mots, une créature, presque imperceptible au début du processus d’écriture, fait son apparition : la joie. Ici, je me permets de la personnifier et quelque part de lui rendre hommage. Elle est ma plus fidèle compagne depuis l’enfance.

Un soutien inestimable. Elle se glisse parfois quand je m’y attends le moins et m’offre un cadeau. Mais comment y mettre des mots ? Comment décrire ce que la joie, par sa simple présence, active dans mon corps ?

Un essai, pour toi qui me lis. Bien sûr, si tu me connais, tu ne seras pas surpris de voir apparaître une licorne à paillettes. Pour moi la joie c’est comme une fête qui est si entraînante, enivrante, qu’elle harmonise mon corps et mon esprit. Comme un ballon juste assez rempli d’air pour ne jamais exploser, et avoir tout le loisir d’explorer et de déambuler.

La création avec pression

Voilà, c’est souvent comme ça. Quand je décide de créer, le concert du doute et de la joie fait beaucoup de bruit en moi. J’ai longtemps pensé qu’il fallait en choisir un des deux. Jusqu’au moment où j’ai appris à les concilier, d’ennemis ils sont passés à alliés. Indéniablement, le doute et la joie font partie de moi.

Je suis même allée plus loin que ça. La joie est devenue plus pétillante, plus savoureuse encore en présence du doute, de mes doutes. 

« Et si je me trompe ? » ; 

« Et si ce que je crée n’est pas beau, pas délectable ? » ; 

« Et si je n’impressionne pas ? » ; 

« Et si je n’atteins pas la gloire ? » ; 

« Et si je n’apprends rien ? »

Je serai quand même celle qui a essayé. Transportée par cette joie d’oser être moi malgré tout ça.

WOUAH. Quoi ? Oh, tu sais, tu le vois toi aussi, si tu es toujours là. Tu le comprends, tu le perçois, tu le ressens, je crois.


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